Perpignan: la gangrène de la résidence des Oiseaux

IMG_2649

Depuis quelques mois les habitants du moyen Vernet à Perpignan subissent des incivilités qui n’ont pas lieu d’être dans un Etat de droit. Trafic de drogue, nuisances sonores, insultes, menaces de mort, fatwa prononcée par des racailles à l’encontre des propriétaires de chiens, dégradation du mobilier urbain (payé par le contribuable), pollution des espaces verts devenus pour l’occasion une décharge et cerise sur le loukoum un bâtiment entièrement squatté par des dealers (mineurs, détail important). Ce bâtiment de la résidence des « Oiseaux » abritait il y a encore quelques jours quelques personnes, familles extrêmement modestes qui ont dû être relogées en urgence. Certains appartements, invendables en l’état, appartiennent à des propriétaires encore endettés par le crédit contracté pour ces biens immobiliers. On imagine ici les désarrois et la colère de ces personnes, se sentant abandonnées par les pouvoirs publics.

Le quotidien l’Indépendant s’est fait l’écho déjà il y a quelques mois de l’enfer vécu par les riverains: 18/04/18 et 18/05/18

IMG_2650Perpignan le 31 juillet 2018, le Collectif du quartier des Oiseaux publie un courrier à l’intention des propriétaires d’appartements jouxtant la résidence des « oiseaux ». Le collectif  propose à juste titre aux propriétaires de demander à l’Administration compétente une exonération partielle de la taxe foncière puisque les biens des personnes sont dévalués et que les pouvoirs publics ne sont pas capables d’assurer leur protection. (voir document en bas de page)

 

Le week-end du 25 août au 26 août atteint son point d’orgue. Le dimanche 26 à 17H00 on peut constater que devant la résidence des oiseaux, la racaille a barricadé les accès au bâtiment où il y a le trafic de drogue, canapé, briques, plots en béton etc. Ils montent également la garde avec des chaises sur le rond-point.

 

Le lundi 27 août à 15h00 on peut constater qu’une entreprise de maçonnerie, sous escorte policière, mure les entrées. Il faut savoir que certains appartements appartiennent toujours à des propriétaires qui n’ont pas fini de payer leur crédit.

Egalement le même lundi 27 août, un de nos correspondants nous informe d’un échange avec un membre du collectif des Oiseaux : « Des opérations sont actuellement en cours dans le bâtiment 1 de la Résidence Les Oiseaux. A ce jour, la démolition de l’immeuble n’est pas envisagée. Les propriétaires de ce bâtiment, dont la plupart ont contracté un crédit et doivent continuer à rembourser leur emprunt, souhaitent qu’une solution soit trouvée afin de pouvoir jouir à nouveau de leur bien. Les autorités, Mairie et Préfecture, ont été averties par le Collectif du Quartier des Oiseaux du possible déplacement des désordres et des violences vers les résidences Hérédia, Desnoyés et du Sacré Coeur. Néanmoins, n’hésitez pas à contacter la Police Municipale ainsi que la Police Nationale dès que vous observerez des troubles ».

IMG_2651Ce même lundi nous engageons une discussion avec un riverain qui s’est rendu il y a quelques semaines dans le bâtiment en question avec des membres du collectif des Oiseaux accompagné par un député (il ne nous a pas mentionné le nom de celui-ci) afin de lui faire constater les dégâts. Son témoignage est effarant. Les appartements sont reliés par des trous béants donnant la possibilité aux dealers-squatters de pouvoir se déplacer aisément, avec la complicité d’une famille dont le fils ferait partie du gang. En plus de la détérioration matérielle il nous évoque le vol. Les cumulus et les tableaux électriques fraîchement installés ont été volés pour la revente. Des tableaux électriques précise-t-il payés par le contribuable. Il nous confie que des riverains ont été tabassés et que certains auraient reçu des menaces de mort.

IMG_2652De même dans le même temps l’agence FONCIA en charge de la gestion de copropriété de la résidence Hérédia informe les copropriétaires des travaux entrepris par l’Administration ainsi que des risques d’une migration des problèmes dans la résidence Heredia. En d’autres mots que le trafic de drogue et ses nuisances s’installent sur un nouveau territoire, très proche du dernier. Ils en appellent à la vigilance des riverains, les incitants à soutenir les appels téléphoniques envers les services de police.

Des opérations de police au lieu toute la journée. Une guerre de harcèlement est actuellement en cours dans ce quartier du moyen Vernet. Un jeu du chat et de la souris nous confie un policier consterné par la situation, car la législation ne leur permet pas d’agir comme il faudrait.

Voici le triste constat du laxisme judiciaire dans la France d’aujourd’hui. Laxisme que seul une véritable politique de la force pourrait inverser. On ne discute pas avec la racaille. On n’arrose pas les quartiers sensibles à grands coups de subventions pour acheter la paix sociale avec la politique de la ville qui a déjà coûté plus 57 milliards d’euros[1]. L’emploi de la fermeté et la seule réponse à cette racaille qui empoisonne la vie des citoyens, qui dévalue le marché de l’immobilier dans ces zones, qui empoisonne la jeunesse avec la drogue, qui importe une culture de la terreur. Les multiples plans, réformes et autres renoncements de la classe politique en France ont créé des milliers de cas similaires à celui des Oiseaux. Combien à Perpignan ? Combien en France ?

Nous constatons dans ce désordre que seul le regroupement des individus face à la menace constitue un premier noyau de résistance. Je ne cesse de le répéter depuis des années, face à la démission des pouvoirs publics, seule l’auto-organisation citoyenne peut nous apporter une force d’appoint. La police peut encore intervenir, jusqu’à quand et dans quelle mesure ?

Dans mon dernier livre Réflexion Nord Catalanes j’aborde le thème de l’insécurité sous l’angle de l’autodéfense, de la libéralisation des armes à feu pour les honnêtes citoyens, de la constitution de groupes d’autodéfense citoyenne comme force d’appoint de la police ainsi que la sacralisation du domicile privé. En rédigeant cet article je ne me suis jamais senti aussi en accord avec mes propos figurant dans mon dernier livre.

 

Llorenç Perrié Albanell, président du mouvement régionaliste Resistència

[1]   Politique de la ville, une usine à gaz française. Element N°173, août-septembre 2018, P. 61.

Crédit photo Llorenç Perrié Albanell. Photos prises le 1 septembre 2018, quelques jours seulement après le scellement des issues avec des blocs ou des plaques de fer. Les abords ont été recensement nettoyés. Malgré ces dispositifs la racaille rode toujours et cherche un nouveau point d’ancrage dans le quartier.

IMG_2653

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s