Nouveau nom de la région, entre marketing et séduction

Pour la première fois de son histoire, la Catalogne du Nord risque d’être privée d’institutions propres au bénéfice de Toulouse et de Montpellier. Pour la seconde fois de son histoire, elle risque d’être privée d’un nom désignant son identité. Notre pays a déjà été la victime du délire jacobin avec l’appellation officielle de « Pyrénées-Orientales » (pourquoi Pyrénées-Proche-Orientales ?). La région nord-catalane risque à présent d’être encore plus niée dans son existence par l’utilisation une appellation du type « Midi-Pyrénées –Méditerranée ». Plus universaliste que ça tu meurs !

Un département hors-sol, sans identité. Voilà ce que veulent les apprentis sorciers de la mondialisation qui encombrent les couloirs de l’assemblée régionale…

Certaines réactions saines se font sentir à propos de l’appellation de la méga-région (par exemple « Occitanie-Pays Catalan »). Certains éclaircissements sont nécessaires sur la question même si « Occitanie-Pays Catalan » parait plus correct que la bouillie nominative des cénacles universalistes.

Premièrement, il n’y a pas « un » Pays Catalan, mais « des » Pays Catalans qui s’étendent de Salses à Guardamar et de Fraga à Maó. C’est-à-dire de la Catalogne du Nord jusqu’à Valencia, et de la Frange de Ponent jusqu’aux Iles Baléares. Un pluralisme géographique qui fait la richesse de notre identité, définir un seul ensemble territorial comme le « Pays Catalan » exclusif, viendrait à exclure de facto les autres.

Ensuite, notre terre, notre patrie, c’est la Catalogne, un fait que l’intelligentsia franco-française ne peut contester, mais seulement détourner avec de belles formules comme l’appellation « Pays Catalan » qui sonne comme un air d’accent catalan de la République Française.

Les Français vivent en France et non pas en « Pays Français », il en va de même pour les Catalans qui vivent en Catalogne. Et comme dans chaque pays, il existe un Nord et un Sud, un Est et un Ouest.

Quant aux appellations politicardes sentant la promotion mercantile, j’appelle les Catalans conscients de leur identité et soucieux de la transmettre, de les rejeter en bloc. Il est nécessaire d’entamer une résistance intelligente et porteuse d’espoir.

Cette lutte est tout sauf symbolique, car selon la formule orwellienne « qui contrôle le passé contrôle le présent ». En d’autres mots, détruire le passé des peuples, c’est faciliter leur prise de contrôle.

Llorenç Perrié Albanell

Perpignan, le 18 janvier 2016

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